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  • Choses à Savoir TECH VERTE

    Pénurie de CO2 : une menace pour les semi-conducteurs ?

    09-07-2026 | 2 Min.
    On pense souvent que les puces les plus avancées reposent d’abord sur des machines de gravure ultramodernes. Mais leur fabrication dépend aussi de matières premières beaucoup plus discrètes. Parmi elles : du dioxyde de carbone industriel de très haute pureté, issu notamment du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel.

    Dans les salles blanches, ce CO2 sert à nettoyer les équipements, à contrôler certaines réactions chimiques pendant la lithographie et à accompagner la planarisation, une opération qui permet d’aplanir les différentes couches d’une puce. Il peut aussi être utilisé sous forme supercritique, c’est-à-dire dans un état intermédiaire entre le liquide et le gaz, afin de nettoyer des structures de quelques nanomètres sans les endommager. Le niveau de pureté exigé atteint au minimum 99,999 %, bien au-delà du CO2 utilisé dans les boissons gazeuses. Or, ce produit n’est fabriqué que sur un nombre limité de sites. Quand les raffineries sud-coréennes ralentissent leur activité en raison des incertitudes sur l’approvisionnement en pétrole brut venu du Moyen-Orient, les usines de Samsung et SK Hynix se retrouvent directement sous pression. Selon le média spécialisé The Elec, Samsung consomme chaque mois entre 1 800 et 2 000 tonnes de CO2 pour ses activités liées aux mémoires et aux puces logiques. SK Hynix en utilise entre 600 et 700 tonnes. Depuis janvier 2026, le prix du CO2 liquide a augmenté de 20 % en Corée du Sud. Les deux groupes ont donc commencé à constituer des stocks.

    L’enjeu dépasse largement le pays. La Corée du Sud produit environ 80 % de la mémoire DRAM mondiale et une part importante de la mémoire flash NAND. Une pénurie locale pourrait donc affecter l’ensemble de l’industrie électronique. Ce risque rappelle d’autres alertes. En 2022, la guerre en Ukraine avait révélé que 70 % du néon de qualité semi-conducteur provenait de deux usines ukrainiennes. Début 2026, des tensions sur l’hélium avaient suscité les mêmes inquiétudes. Pour l’Europe, la leçon est claire. Le European Chips Act mobilise 43 milliards d’euros pour développer des usines, notamment à Dresde et à Crolles. Mais construire des fabs ne suffit pas : encore faut-il sécuriser tous les gaz et matériaux indispensables à leur fonctionnement.
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    Une ville américaine refuse les eaux usées de Meta ?

    08-07-2026 | 2 Min.
    Les centres de données consomment énormément d’électricité et d’eau. Mais ils peuvent aussi perturber les réseaux d’assainissement. À Cheyenne, dans le Wyoming, un chantier mené pour Meta a provoqué une contamination bactérienne qui a affecté deux stations d’épuration pendant plusieurs mois.

    Le projet Cosmo, estimé à 740 millions d’euros, doit s’étendre sur environ 7,5 hectares. En février, le laboratoire municipal a détecté une bactérie inhabituelle, appelée Cupriavidus gilardii. Résistante aux métaux, elle a été retrouvée lors d’un contrôle de routine. Le service public chargé de l’eau a retracé la contamination jusqu’aux opérations de remplissage et de rinçage réalisées par Goat Systems sur le futur campus de Meta. Avant leur mise en service, les circuits de refroidissement sont remplis d’eau, puis rincés afin d’évacuer les résidus présents dans les canalisations. L’eau usée est ensuite rejetée dans les égouts. C’est ainsi que la bactérie aurait atteint le réseau municipal.

    Le 24 mars, l’autorisation de rejet de Goat Systems a été retirée. La restriction concerne désormais tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne, y compris ceux qui utilisent un refroidissement en circuit fermé. Ces systèmes sont pourtant présentés comme économes en eau, puisqu’une fois remplis, ils font circuler le même liquide en permanence. Mais leur installation produit tout de même un premier rejet avant la fermeture du circuit. L’incident inquiète d’autant plus que Cheyenne réutilise ses eaux traitées pour arroser ses parcs, ses golfs et d’autres espaces verts. Une contamination pourrait donc être dispersée dans l’air sous forme de fines gouttelettes. La bactérie n’est pas officiellement réglementée, mais elle a suffisamment perturbé le traitement pour entraîner une non-conformité importante.

    Meta précise que la substance a été détectée dans les eaux usées, pas dans l’eau potable. Son entrepreneur général, Fortis, a interrompu les rejets et fait désormais évacuer l’eau hors du site. Une expertise indépendante n’aurait retrouvé aucune trace de la bactérie. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des data centers. Aux États-Unis, les contestations portent sur l’eau, l’énergie, le bruit et le manque de transparence. En France, depuis le 1er janvier, les installations de plus de 500 kilowatts doivent déclarer leur consommation annuelle d’eau. Une obligation qui n’existe toujours pas au niveau fédéral américain.
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    La « Grande Muraille photovoltaïque » visible depuis l’espace ?

    07-07-2026 | 2 Min.
    Dans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l’ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une centrale unique, mais d’un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.

    À terme, ce corridor doit s’étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L’objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d’électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l’ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s’est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.

    Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L’objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.

    Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu’à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l’évaporation, préservent davantage l’humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l’ensablement.
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    La physique peut doubler la durée de vie des batteries ?

    06-07-2026 | 2 Min.
    Les batteries restent l’un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s’usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.

    Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l’électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu’il serait possible de doubler la durée de vie d’une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.

    Pour comprendre, il faut imaginer qu’une batterie « respire ». Lorsqu’elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l’anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n’ont remplacé ni les électrodes ni l’électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d’air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu’une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l’anode. À l’inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.

    Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d’occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L’équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l’échelle industrielle.
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    Un mini-réacteur nucléaire 3D pour data centers ?

    05-07-2026 | 2 Min.
    La course à l’énergie pour alimenter l’intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu’elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l’électricité aux centres de données.

    L’objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d’environ deux mètres, fabriquée d’un seul bloc. À l’intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d’échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s’arrête, la réaction s’éteint. Le thorium utilisé n’est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.

    Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l’autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n’a encore jamais été mise en service et n’a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n’a pas non plus été identifié.
    L’idée n’est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd’hui, c’est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d’une centrale opérationnelle.
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