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Le choix musical de RFI

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  • Avec «Talk To Me», Molly Johnson tend la main à la nouvelle génération

    13-07-2026
    C'est l'une des plus grandes voix du Canada… La chanteuse Molly Johnson dévoile un nouvel album, son neuvième, intitulé Talk To Me. Après avoir passé les deux dernières décennies de sa vie à sortir des disques, la chanteuse de 67 ans n’a pris aucune ride musicalement parlant. Elle qui a déjà chanté devant le prince Charles, la princesse Diana, Nelson Mandela et Quincy Jones, s'adapte tout naturellement aux changements de notre époque. 
    Ces dernières années, Molly Johnson composait principalement des chants engagés, des protest songs. Aujourd'hui, elle sent que son public a un besoin de calme, de danse et de joie. Dans l'actualité négative et anxiogène,Talk To Me apparaît comme un moyen de regarder vers l'avenir avec confiance.
    La chanteuse a débuté sa carrière dans des groupes de rock, mais après un rapide détour par la pop, c'est grâce à ses morceaux jazz et blues qu'elle a vraiment séduit son public. Dans ce nouvel album, elle a un pied dans le passé et un autre dans le futur. D'un côté, elle reste fidèle à ses musiciens de longue date et rend hommage à plusieurs figures majeures de la musique canadienne en reprenant leurs chansons, comme The Tragically Hip, Jacksoul, Haydain Neale et Shawne Jackson. Et de l'autre, elle collabore avec toute une nouvelle génération d'artistes, comme le producteur émergent de 20 ans à peine, CUBE.
    Elle raconte : « J'aime les jeunes artistes. J'aime interagir avec eux et connaître leurs idées pour l'avenir. C'est très inspirant, très émouvant. Avec CUBE, la première fois que je l'ai rencontré, je lui ai demandé ce qu'il pensait de l'intelligence artificielle et il m'a dit que c'était juste un outil. Nous sommes passés de l’encrier à l’IA. C'est un crayon : si vous ne l'utilisez pas, si vous n'y mettez rien, ça reste là et ça ne fait rien. Et j'aime cette vision. Parce que nous, les vieilles personnes, nous sommes tellement inquiètes pour nos enfants dans ce monde. Mais les enfants vont bien. »
    Un dialogue intergénérationnel entre artistes
    C'est sûrement en partie grâce à ses collaborations avec la jeune génération que ce nouvel album ne sonne pas vieillot du tout, bien au contraire. Molly Johnson a beau garder ses racines ancrées dans le blues et le rock des années 1990 et l'exacte même voix rauque mezzo-soprano qu'à ses débuts, son cœur est ouvert à la nouveauté.
    Elle a notamment collaboré avec la jeune rappeuse Haviah Mighty sur le morceau qui donne son titre à l'album, « Talk To Me », dont elle raconte l'inspiration : « J'ai vu une œuvre d’art composée de deux petites sculptures : une vieille femme, assise, avec ses mains sur ses oreilles, et une jeune fille qui lui parlait. Et en tant que parent, je comprends parfaitement cette situation. Je dis toujours à mes enfants : "mais parlez-moi, dites-moi ce qui se passe". Et quand ils commencent à me parler, moi évidemment en tant que parent, je me sens obligée de parler par-dessus ce qu’ils disent (rires). Nous, les vieilles personnes, nous devons apprendre à écouter. Voilà de quoi parle cette chanson. »
    Talk To Me, le nouvel album de la chanteuse Molly Johnson venue de Toronto. 67 ans et l'envie, par-dessus tout, de créer un dialogue intergénérationnel entre artistes.
  • A6el, le rap suisse en quête de légitimité

    10-07-2026
    Comme tous les vendredis de cet été, ce sont les Médias francophones publics (MFP) qui partagent leurs coups de cœur musicaux. L'organisation fête cette année ses dix ans, elle réunit les radios publiques de Suisse, de France, de Belgique et du Quebec. Et aujourd'hui, nous allons écouter le rappeur A6EL, coup de cœur de notre consœur de la Radio-Television Suisse (RTS), Karine Vouillamoz. 
    C'est sans doute le plus gros coup de cœur de l’année 2026 de Karine Vouillamoz. C’est A6el. 
    Avant de vous parler de lui, il faut dire un mot de l’histoire du rap en Suisse romande. Elle débute dans les années 90, à Renens, tout près de Lausanne, avec un groupe qui s’appelle Sens Unik. Grâce à eux, non seulement le rap suisse existe mais en plus, il s’exporte. Aujourd’hui, depuis quatre ou cinq ans, c’est surtout la scène de Genève qui marque les esprits et, encore une fois, qui réussit à taquiner le public étranger. Les représentants de ce rap genevois s’appellent Di Meh, Slimka, et puis Makala.  
    A6el, lui, habite à Lausanne, et se pose des questions de légitimité. Est-ce qu’on a le droit de faire du rap dans un pays riche ? Il constate que la nouvelle garde genevoise est fière, au contraire, de ses origines. Lorsqu’ils montent sur scène, ces artistes font même flotter le drapeau genevois. Ça le fait réfléchir, lui qui parle notamment du Lac de Renens. Et puis un jour, sa psy lui annonce qu’elle n’a plus de temps à lui consacrer, alors il n'a pas le choix, il décide de se confier… à son téléphone. C’est comme ça que naissent ses premières chansons. Plus pop que hip hop, très profondes, très ancrées dans son quotidien, dans son vécu, des chansons qui nous parlent directement. A6el, c’est comme un pote qui nous appelle pour nous raconter ses histoires. Il y a une connexion immédiate. 
    A6el, ça s’appelle « Soleil » et ça pèse plus de 12 millions d’écoutes sur Spotify, et plus d’un million de vues sur Youtube. Pour un artiste suisse, cela fait une jolie performance... dans les chansons d’A6el, il y a le style, le phrasé, la voix, en un mot l’interprétation, il y a la qualité de l’écriture. Mais s’il nous touche autant, c’est aussi parce qu’il raconte des histoires universelles. On n’a peut-être pas traversé exactement les mêmes épreuves, mais ça nous rappelle forcément quelque chose. Par exemple, lorsqu’il s’adresse à sa maman. 
    Et puis il n’y a pas que le nombre de streams dans la vie. A6el est déjà prophète en son pays. Ici en Suisse, on l’a repéré du côté des Tataki Awards, des récompenses décernées par le jeune public. La Radio Télévision Suisse en a fait un artiste radar, donc un artiste à suivre de très près. Mais ça va déjà plus loin : en France, il a été invité sur France Inter et sa tournée fera escale à Paris, à la Cigale (27 octobre 2026). Le rap suisse s’exporte, une nouvelle fois. Et cette fois grâce à celui qu’on appelle déjà le Prince suisse : A6el.
  • Elektre fait revivre le rébétiko à l'heure de l'électro

    09-07-2026
    Des mélodies grecques, des rythmes brésiliens, des influences congolaises et des sonorités électroniques : avec son premier EP Néon, le trio franco-gréco-congolais Elektre revisite le rébétiko, ce blues urbain né dans les ports et les quartiers populaires grecs. Un voyage musical métissé et envoûtant, entre mémoire, modernité et cultures en mouvement.
    Des sonorités orientales portés par des rythmes brésiliens et une voix soul qui chante en grec : dès les premières notes, Elektre affirme une identité musicale à part. Le trio réunit la chanteuse et percussionniste franco-grecque Maïlys Mallet, la guitariste et chanteuse gréco-congolaise Monika Kabasele et le bassiste breton Clément Buffière.
    Même le nom du groupe raconte cette volonté de mêler les références. « Elektre » renvoie certes à la mythologie grecque, mais pas à la célèbre héroïne tragique. Maïlys Mallet préfère évoquer une autre figure : celle des filles de l'Harmonie, créatures mi-oiseaux, mi-sirènes. Le nom joue également sur l'idée d'une musique « électrique », traversée d'éclairs sonores et d'expérimentations contemporaines.
    Sur les traces des cafés « néon » de Smyrne
    L'EP tire son titre d'une histoire familiale. Dans le morceau « Eubée », du nom de la grande île grecque, on entend la voix de la grand-mère de Maïlys Mallet. Ancienne professeure d'histoire de la Grèce antique à l'université Paris-Sorbonne, elle a transmis à sa petite-fille sa passion pour l'histoire et la culture grecques.
    Parmi ces récits figure celui des cafés néon de Smyrne, dans l'ancien Empire ottoman. Ces établissements occupent une place particulière dans la mémoire culturelle grecque. Les femmes pouvaient y chanter et les musiciens y mêlaient influences savantes et populaires, contribuant à l'émergence du rébétiko.
    Le rébétiko, chronique musicale des marges
    Aussi qualifié de « blues grec », le rébétiko est né dans les quartiers populaires, les ports, les tavernes et même les prisons. Il raconte la vie quotidienne, les joies, les peines, l'exil, l'amour, mais aussi les activités illégales et les petits trafics.
    Elektre reprend notamment « Kokaini », un célèbre rébétiko des années 1930. Comme de nombreux morceaux du genre, il fut victime de la censure. Ces chansons fonctionnaient comme de véritables chroniques urbaines, témoignant sans filtre de la réalité sociale de leur époque.
    Un laboratoire musical métissé
    Plutôt que de reproduire fidèlement ce patrimoine musical, Elektre choisit de le faire dialoguer avec des influences contemporaines et internationales.
    Les racines congolaises de Monika Kabasele apportent les couleurs de la rumba. Clément Buffière navigue entre instruments traditionnels, comme le bouzouki et le baglama, et les possibilités offertes par les machines électroniques. Maïlys Mallet accompagne parfois son chant avec des cuillères en bois venues de Cappadoce en Turquie.
    Le résultat est un univers que le groupe revendique comme gréco-rétrofuturiste, où se croisent rébétiko, trap, reggaeton, sonorités arabes traditionnelles et expérimentations électroniques.
    Une célébration collective
    L'EP s'achève avec « Sta Tria », morceau inspiré des panigiria, ces grandes fêtes populaires qui rythment encore la vie de nombreux villages grecs. Des rassemblements où toute une communauté se retrouve dans la danse, le chant et le partage.
    Une conclusion festive et fédératrice pour un disque qui célèbre les circulations entre les cultures, les époques et les territoires.
  • L'insolente ascension de Vulfpeck, éternels adolescents de la funk

    08-07-2026
    C'est un groupe parti de presque rien, qui a gravi les échelons de l'industrie musicale dans une indépendance totale... Après une absence des salles parisiennes depuis 2018, le collectif de funk américain Vulfpeck sera en concert demain soir jeudi 9 juillet 2026, à l'Accor Arena.
    Le groupe Vulfpeck a été fondé en 2011 à Ann Arbor dans le Michigan, par quatre étudiants encore à l'université. Joe Dart à la basse, Woody Goss aux claviers, Théo Katzman au chant, batterie et guitare et le leader Jack Stratton à la guitare, batterie et claviers. Quatre musiciens tous un peu bizarres avec une idée en tête : créer une version allemande imaginaire des musiciens de studio américains des années 1960 comme The Wrecking Crew ou les Funk Brothers, et retrouver l'esprit des sections rythmiques live de cette époque.
    Pourquoi une version allemande ? Personne ne sait vraiment, d'ailleurs il ne faut jamais chercher la logique chez eux. Toujours est-il que le nom du groupe serait la prononciation à l'allemande de ce groupe imaginaire nommé « wolf pack », soit meute de loups en français, transformé donc en « Vulfpeck ».
    Les quatre musiciens à l'origine du groupe seront rapidement rejoints par quatre autres : Cory Wong à la guitare, Joey Dosik au saxophone et Antwaun Stanley et Jacob Jeffries au chant. Ensemble ils vont trouver leur son, très joyeux, au croisement de la funk, du jazz et de la pop, comme Snarky Puppy avant eux.
    Un insolent pied de nez à Spotify
    Après trois EP publiés au début des années 2010, Mit Peck, Vollmilch et My First Car, le groupe trouve une faille dans le système de rémunération des plateformes de streaming musical.
    Le groupe voulait à la fois rester indépendant, et proposer une tournée gratuite à son public. Alors en 2014, il publie sur Spotify l'album Sleepify, composé de 10 pistes de 31 secondes. Sa particularité ? C'est un album entier... de pur silence. Vulfpeck a demandé à ses fans de jouer le disque en boucle pendant leur sommeil. 5 millions d'écoutes plus tard, le groupe reçoit 20 000 dollars de la part du site, ce qui finance leur album suivant et leur tournée gratuite, avec des dates dans les villes où l'album a été le plus écouté.
    Eternels adolescents
    Vulfpeck continue de monter et ce en totale indépendance, sans contrat avec un grand label de l'industrie du disque, sans management et sans tourneur. Mais avec des refrains solaires, des boucles de basse entêtantes, une capacité à jammer sur deux accords pendant cinq minutes, et un humour absurde d'éternels adolescents.
    Sur scène ils sont souvent présentés les uns après les autres comme des joueurs de catch devant la foule en délire, ils jouent parfois en peignoir que le chanteur retire pour performer dans une baignoire remplie de glaçons... Bref, leur indépendance leur permet de tout oser artistiquement, et ils ne s'en privent pas.
    Le groupe américain Vulfpeck sera en concert demain jeudi 9 juillet 2026 à l’Accor Arena à Paris.
  • Alewya, révélation du r'n'b, part de zéro et arrive au sommet

    07-07-2026
    À 29 ans, Alewya livre son premier album Zero, cinq ans après son premier single « Sweating ». Le nouveau projet mêle sonorités éthiopiennes, hip-hop et funk. Depuis sa sortie le 26 juin 2026, la critique ne tarit pas d’éloges.
    Par Fatou-Laure Diouf
    Alewya, fait une entrée fracassante dans le paysage du r'n'b, avec son premier album Zero. La foi est au cœur de l’identité de cette jeune Britannique, dont la mère est éthiopienne. Avec ses longues tresses et son cou couvert de tatouages ancestraux, elle propose une musique syncrétique entre les chants coraniques que lui faisait écouter son père égyptien, et les chansons chrétiennes transmises par sa mère éthiopienne, le tout mélangé à l’influence des stars du r'n'b comme M.I.A ou Beyoncé.
    Sur le titre « Eshi » – qu'on peut traduire par « d'accord » en français – on entend le masenqo, célèbre violon à une corde des azmaris, les poètes-musiciens éthiopiens. La sonorité a été retravaillée au synthé. Alewya glisse entre plusieurs styles musicaux avec une grande facilité. Oscillant entre prières à sa terre d’origine et ce côté très cool, voire grunge, à la londonienne.
    Avant d'en arriver à la musique, Alewya réalise tout un parcours dans la mode. Réfugiée, elle arrive à 5 ans avec sa famille en Angleterre. À l’adolescence, elle devient mannequin, pose pour le magazine Vogue Amérique et découvre les clubs électro alternatifs. Cette ambiance lui permet de démarrer sa carrière musicale, avec le single « Sweating » , en 2021. Le morceau compte plus de 11 millions de streams sur Spotify.
    Zero : manifeste de liberté
    La jeune chanteuse ne s'est pas toujours destinée à la musique. Elle a étudié les maths et la philosophie au prestigieux King's College de Londres, avant de se consacrer entièrement à son projet musical.
    Le nom du premier album d'Alewya, Zero, est un clin d'œil à sa passion pour les maths et la philosophie. Le zéro, en mathématiques, c'est à la fois le début, le milieu et la fin. Pour la chanteuse, il représente l’ouverture vers l’infini, vers tous les possibles. 
    Alewya, voulait se laisser porter par son instinct pour ce projet et surtout se libérer de la pression des attentes de l’industrie musicale. Pour y parvenir, il lui a fallu cinq ans. Zero est un album un peu éclectique, certes, mais il est peut-être aussi, l'album de la maturité.
Over Le choix musical de RFI
Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.
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