L’Europe veut reprendre la main sur l’un des nerfs de la guerre technologique moderne : les semi-conducteurs. Ces composants minuscules, gravés sur des puces électroniques, sont le cerveau de tous nos appareils, des smartphones aux satellites, en passant par les voitures et les centres de données. Et le 9 février 2026, l’Union européenne a franchi une étape importante avec l’inauguration de NanoIC, une nouvelle infrastructure de prototypage installée à Louvain, en Belgique, au sein du centre de recherche imec.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du European Chips Act, un vaste plan destiné à renforcer la souveraineté technologique du continent. NanoIC a bénéficié d’un financement de 700 millions d’euros. Son objectif est clair : permettre aux entreprises, aux laboratoires et aux startups de concevoir et tester leurs propres puces avant de les produire à grande échelle. Autrement dit, NanoIC agit comme un laboratoire industriel où l’on peut transformer une idée en prototype fonctionnel.
Contrairement aux fonderies classiques — ces usines spécialisées dans la fabrication de puces et souvent fermées aux acteurs extérieurs — NanoIC fonctionne comme une plateforme ouverte. Les ingénieurs pourront y travailler sur des technologies de pointe, notamment des systèmes appelés « system-on-chip », ou SoC. Ce terme désigne des puces capables d’intégrer plusieurs fonctions dans un seul composant : processeur, mémoire, circuits de communication. Le tout à des échelles inférieures à 2 nanomètres. Pour donner un ordre de grandeur, un nanomètre représente un milliardième de mètre. À cette échelle, les composants sont plus petits que certains virus.
NanoIC met aussi à disposition des outils avancés de conception et de prototypage, afin de combler le fossé entre la recherche scientifique et la production industrielle.
C’est un point crucial, car de nombreuses innovations restent bloquées au stade expérimental faute d’infrastructures adaptées. Ce projet s’inscrit dans un programme plus large, doté de 2,5 milliards d’euros, soutenu à la fois par l’Union européenne, les États membres et des partenaires industriels, dont le groupe néerlandais ASML, leader mondial des machines de lithographie utilisées pour graver les puces. Avec NanoIC, l’Europe tente de réduire sa dépendance envers l’Asie et les États-Unis, qui dominent aujourd’hui la production mondiale de semi-conducteurs.
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